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Un syndrome fréquent et sous-diagnostiqué

Dans le monde, la prévalence du syndrome d’apnée du sommeil (SAS) est proche de un milliard de personnes (936 millions exactement selon les critères AASM 2012) et concerne une personne sur deux dans certains pays (Chine, USA, Brésil) (1). Elle augmente parallèlement à l’épidémie d’obésité dans le monde qui concerne 650 millions de personnes dans le monde.

En France, d’après les données de santé publique France de la Société Française de Médecine du sommeil (SFRMS), le syndrome d’apnée du sommeil concerne 5% à 10% de la population générale (2,3), et atteignant environ 50 % des hommes de plus de 40 ans (1). Le syndrome touche ainsi environ 3.5 à 7 millions de Français. Pourtant, cette pathologie est encore peu connue et il est probable que plus de 50% des apnéiques ne soient pas encore diagnostiqués.

Chaque année, plusieurs dizaines de milliers de nouveaux cas sont dépistés et diagnostiqués, mais on considère que seulement 20% à 30% des malades sont actuellement pris en charge en France.

Le syndrome d’apnées du sommeil peut survenir à tout âge, mais sa fréquence augmente fortement avec l’âge jusqu’à l’âge de 70 ans, ensuite la prévalence se stabilise. Celle-ci est plus élevée dans la population masculine, qui est 2 à 4 fois plus touchée que les femmes avant 60 ans. Au-delà de cet âge, les femmes sont autant concernées que les hommes. On estime aujourd’hui que 6% des femmes et entre 10% et 12% des hommes sont concernés.

La maladie demeure sous-diagnostiquée. Il est difficile de faire une estimation précise du nombre de patients atteints, car ceux-ci n’en ont pas forcément conscience. A cela s’ajoute une maîtrise fragile dans l’identification des signes évocateurs d’apnées. Le nombre de personnes traitées par ventilation à domicile la nuit par pression positive continue (PPC) est en augmentation pour atteindre un chiffre de près de 1 300 000 patients en 2023, mais le nombre d’apnéiques traités reste inférieur au nombre de patients apnéiques attendus.

Le SAS touche plus les patients en surpoids et obèses . Or en France, une personne sur deux est en surpoids selon les dernières enquêtes d’Obepi en 2020 (cf figure jointe). Il s’agit donc d’un problème de santé publique majeur, qui est grave car il est à risque de complications en l’absence de traitement adéquat et qui interfèrent sévèrement sur la qualité de vie des patients. Voici les complications que l’on risque en l’absence de traitement :

Complications accidentelles

5 fois plus d’accidents de la route

Complications cardiovasculaires

Le SAS est un facteur reconnu de risque de développement de pathologies cardiovasculaires par dysfonction endothéliale : infarctus, accidents vasculaires cérébraux, hypertension artérielle, troubles du rythme cardiaque…

L’hypoxie intermittente, qui est la principale conséquence du SAOS, entraîne des répercussions organe-spécifiques, avec un impact différent au niveau du foie, du tissu graisseux, des vaisseaux ou encore des muscles et du cerveau. En effet, la privation chronique et intermittente d’oxygène consécutive aux apnées et aux hypopnées conduit à des perturbations métaboliques et cardiovasculaires à moyen et long terme, et notamment l’athérosclérose, c’est-à-dire à l’altération de la paroi des vaisseaux.

Les risques chiffrés : 10 fois plus d’Hypertension artérielle (HTA), avec 4 fois plus d’accident vasculaire cérébral (AVC), d’infarctus du myocarde (IDM) et d’arythmie cardiaque complète par fibrillation auriculaire (ACFA)

Complications neurologiques et psychologiques

Les arrêts respiratoires répétitifs pendant la nuit provoquent souvent des micro-éveils du cerveau, lesquels perturbent l’architecture du sommeil. Les conséquences cliniques, bien que variables, sont essentiellement la somnolence diurne et la fatigue chronique associés à des troubles cognitifs. La répétition de ces micro-éveils, non perçus par le patient, réduit les possibilités d’apparition du sommeil profond, limitant alors les bienfaits réparateurs de ce stade. On parle alors de fragmentation ou de déstructuration du sommeil.

Elle aboutit à une somnolence excessive au cours de la journée, des troubles de la mémoire et de la concentration, une baisse des performances intellectuelles, physiques et sexuelles, puis des troubles de l’humeur et du comportement, avec possible développement d’un syndrome dépressif ou une agressivité.

Des liens ont été mis en évidence entre un SAS non traité et le risque de développer une démence type Alzeihmer.

Des chiffres alarmants

Les malades avec un indice d’apnées-hypopnées supérieur à 20 ont une surmortalité (13% à 5 ans) par rapport à ceux dont l’indice est inférieur ou égal à 20 (4% à 5 ans).
– Les accidents de la circulation sont environ 5 fois plus fréquents chez les sujets avec SAOS que dans la population générale.
– Plus de 90% des patients apnéiques ont une hypertension artérielle.
– On peut estimer que dans le cadre de l’AVC, entre 60% et 80% des patients ont un SAOS sous-jacent.
– 60% des consultations spécialisées du sommeil ont pour origine un syndrome d’apnées du sommeil.
– Dans 1 cas sur 5, les symptômes de l’apnée du sommeil peuvent aboutir à une dépression.
– 2 fois plus de risque d’accidents du travail.